Avec la Belgian Homebrew Association et la Pêcherie Brew Club, nous avons été invité à venir représenter la Belgique à la HeimBrau Convention, dans le superbe château de Romrod en plein cœur de l'Allemagne ! On a chargé nos Lindr et nos fûts, foncé sur l'Autobahn et c'est parti pour un weekend hyper enrichissant où on a découvert la culture brassicole et brassam allemande. Et comme on avait envie de leur montrer une jolie palette de Belgique, on a amené une Grisette à 3,5% et... une Quadruple à 11%!
Et les Allemands, ils considèrent déjà un Imperial Stout à 8% comme extrême, alors t'imagine qu'avec notre quadruple, on a pas failli à la réputation qu'ils se font de nous. Ein Prosit...
La recette ?
Alors on va commencer par la levure, c'est assez évident : Lallemand Abbaye, c'est une valeur sûre.
Côté malts, ça a un petit côté fond de tirroir, mais attend, c'est cohérent : une grosse base de pilsen biensûr, puis ce qu'il me restait de Viking Red Active et du malt Mélanoïde, qui vont apporter un petit côté de noisettes grillées et du rouge dans la couleur. Puis des malts caramels, et on va utiliser trois variétés différentes, dont du spécial B, pour un côté profond, avec des notes de toffee et de fruits séchés. Et finalement un sucre candi maison que j'ai cuit jusqu'à obtenir des notes très toffee aussi.
Côté houblon une amertume minimale, ce n'est pas une bière qui finira très ronde en densité finale donc pas besoin d'équilibrer comme un imperial stout. Niveau aromatique, j'avais du Triskel en stock et son côté floral et fruits blancs combiné à une très légère note crêmeuse/beurée convenait à merveille.
Finalement, cette histoire de cerisier... J'ai eu l'occasion de récupérer du bois de cerisier et il se trouve qu'il peut être utilisé comme le chêne pour maturer une bière : il amène des tannins toutefois moins que le chêne et des notes aromatiques qui évoquent vraiment la cerise, surtout le noyau de cerise. Un petit tour au four pour le toaster et le stériliser.
Côté fermentation, on refroidit bien 18-19°C et on démarre doucement pour ne pas que les levures s'emballent chauffent trop et s'arrêtent ensuite. Et quand la fermentation primaire semble bien terminée, on met la bière au frais et à l'abris le temps qu'il faut pour qu'elle mature gentiment avec sa planche de cerisier. Finalement je l'ai simplement enfûtée et carbonatée à 3 volumes.